Je t'aime et je mens

Publié le par Lilith

 

Je fais partie de celles pour qui la vie reste un mystère cruel et insondable.

 

Comment ne pas céder à la panique, coincée dans l'étau de la foule aveugle des hommes

qui courent , se bousculent, bras, ventre et coeur tendus vers un but fantasmé

persuadés du bien fondé de leur espoir d'un ailleurs illusoire, romanesque échappatoire

éternité vertigineuse et inutile qui les tient, serviles, attelés à la civilité

au lieu de lâcher les rennes de leurs désirs bornés, arracher les chaînes , libérer la vengeance qui attend maquillée en vertu ,

vertu du verbe,

des sourires figés comme une menace

poignards cachés sous la douceur feinte des amours placebo

 

Je t'aime

 

Je t'aime parce que je ne peux pas me tuer

te dévorer, assouvir mon initiale férocité

mon besoin viscéral de sang inscrit dans ma chair ancestrale

 

Je t'aime parce que j'ai mal

parce que je ne veux pas tomber seule

dans ce gouffre infernal

 

Je t'aime pour oublier l'inévitable chute sans fin qui nous attend

Patiemment

 

Je t'aime et je mens

 

Seule la chair ne ment pas

Elle réclame son lot de meurtre et de sang

sans compromis possible

dans le sublime et le fétide

Assouvir sa faim est notre unique bataille

 

Tout est là

 

Le chant des oiseaux

au  printemps lumineux

Un parfum de sureau

Un ciel, lointain et bleu

Et des voix familières

Et l'odeur de la terre

histoire à taire l'horreur

au coeur du transitoire

incessant va et vient

à perdre l'équilibre

 

Aucun salut ne viendra

ni d'ici ni d'ailleurs

 

Aime moi

Mens moi

 

De toute façon le mensonge était  là bien avant nous

dissimulé entre  les strates fertiles de nos instincts sédiments

Depuis la nuit des temps.

 

 

Lilith 

 

 

 

 photo: Kate Polin

 

 

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Publié dans Lilith et moi

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A
tu peux puisser cher moi tant que tu veux c'est un plaisir ;)
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