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  • Je rêve d'un confesseur idéal, à qui tout dire, tout avouer, je rêve d'un saint blasé. (Cioran)

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Mercredi 3 octobre 2007 3 03 /10 /Oct /2007 13:21

Emilie-3.jpg

Emilie danse …
Elle sait braver
Les herbes folles
De ses pieds nus
En équilibre
Elle se livre
Au vertige
Sur une  gamme synthétique
Une célébration rythmique
De ses gestes arabesques
Elle provoque une ivresse
Simule un sacrifice
 
Comme un appel
Irrésistible
Traverse l’espace
Et se fige
Dans vos yeux sidérés
Son rire explose
Tout à coup
Comme une offense
Aux convenances
Un pied de nez au silence
Déconcerté

Dans les yeux d’Emilie
Se cache un horizon
Qu’elle convoite
Sans hâte
Un rêve qui arrime
A la douceur de son regard
La tristesse
De tous ses faux départs

Les vents de ses humeurs
Lui chavirent le coeur
Comme un navire
Trop lourd
D’une charge d’amour
Qu’elle ne peut contenir
Et quand elle sent la peur
Inonder ses yeux noirs
Dans le secret du soir
Emilie pleure 

Sous la caresse de ses mains
La peau s’éveille et frissonne
Elle trouvera ce qui est bon
Pour calmer le chagrin
Ou la douleur qui gronde
Aux lois de son destin
Sans condition
Elle s’abandonne
Toujours elle pardonne
Car Emilie ne donne
Que si elle n’attend rien

Demandez lui un jour
D’où lui vient ce sourire
D’où  vient cet appétit
Demandez lui le verbe
Qu’elle conjugue
A l’infini
Cachée sous sa pelisse
Trop lisse
D’une conformité truquée
Dont elle sait se parer
Pour tromper l’impatience
Moi qui l’ai tant aimée
Depuis mon sein
Jusqu’à ce jour
Et tant de jours à venir
Si vous lui demandez
Un mot, son élixir
Je suis persuadée
Qu’elle vous dira :

" Partir "

 
A Emilie

 

Par Lilith - Publié dans : Poèmes
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Samedi 29 septembre 2007 6 29 /09 /Sep /2007 22:59



Gamine.JPG
Gamine
 

Dans tes yeux qui pétillent 
Malicieuse arrogante 
Je lis l’envie de vivre 
Vite 
Je lis l’angoisse du vide 
Du rien 
L’insupportable attente 
L’amour sans lendemain

  De ta bouche cerise
Déferle un ouragan

Un déluge qui dérive

Du crachat menaçant

A la bruine

La plus câline
 
Ton rire comme tes larmes

Invitent au mélodrame

Tes mains longues et fines,

Subliment tes fantasmes

Sur l'écran elles dessinent

Composent les mots

De ton chaos
 
 
De ta frivolité

Légère et sans complexe

Surgit la liberté

Qui fait sourire les gens heureux

S’indigner les envieux

Rêver les nostalgiques

Tu promènes

Ta dégaine

De rebelle affichée

l’air exaspéré

Tu éradiques

Sans rémission

Toute protestation


Quelque fois je m’invite

Aux confins de ton monde

Silencieux

Livré aux yeux

De milliers d’anonymes

Effeuillant cet univers

D’enfance à découvert

Captive malgré toi

Des fièvres de la vie

Invincible et si fragile

Te regarder anime

Ce qui soupire en moi
 

Ma gamine


A Louise



Le blog de Louise dans la rubrique " tout est lié" : Un blog... terrible 

Par Lilith - Publié dans : Poèmes
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Mercredi 26 septembre 2007 3 26 /09 /Sep /2007 14:22
  

J’ai tour à tour
Comblé les vides
Vidé les combles
Franchi des abîmes 
Brûlé des ponts 

Gravé dans le marbre des noms 
Gommé l’enfance 
Accaparé l’absence 
Lavé l’illusion
Et toutes mes impostures
Perdu mes repaires
Colmaté les fêlures

J’ai tour à tour
Aimé haï
Supplié et brisé
Echafaudé des plans
Pour en causer la ruine
Fortifié ma cuirasse
Atrophié mes défenses
Flirté avec la dépendance

Et fui

Loin de moi-même

Chercher la clémence

L’effet placebo


J’ai tour à tour

Abandonné

Dépossédé

Laissée sur le carreau

J’ai risqué ma dignité

Empoigné le destin

Livrée à l’incertain

Délivrée du mélodrame

De l’objectivité

Dans le dénuement

J’ai cru

Tout recommencer

 

J’ai tour à tour hurlé
D’angoisse
Gagné les grâces
D’anges mystérieux

Terrassé mes démons

Terrifiée

Face à l’adversité

J’ai contracté mes ongles

Possédée par la rage

Ma colère livide

Et le regard toujours

Obsédé par l’amour

 

Me voilà au point zéro

La leçon est infinie

Ne rien retenir

Au risque de figer mon âme

Aucun souvenir

Aucun blâme

Maintenant je conspire

Le temps n’est plus

Des maux cachés

Mais au déclin de la raison

A l’amour sans réserve

A l’abandon

Intrusion délicate

Lente machination

Du temps

Qui couve une apogée

Je te guette

Je te laisse abroger mes défaites

Jamais je n’ai aimé

Constat lucide

Sans le moindre regret

Une évidence


 


 

Toi

 Tu avais rompu la  cadence


 



Par Lilith - Publié dans : Poèmes
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Mardi 18 septembre 2007 2 18 /09 /Sep /2007 23:10
Quand les géants sont entrés par la porte de service
Ils ont semé la honte au coeur de l’habitude
Ils ont tiré le trait entre hier et demain

J’ai regardé mes mains
J’ai vu ma peau frémir
J’ai supplié le ciel de ne pas m’oublier
J’ai regardé les autres , qui refusaient de voir
Et j’ai voulu ma mère,
Pour pleurer…

Ses bras étaient gelés

Que vais je devenir , moi qui vieillis si mal
Seule contre tout l’univers
Seule dans mon tunnel de verre
Noir comme une gestation
Noir comme une indiscrétion
Moi et mes rêves barbouillés d’arc en ciel
Qui collent ma peau aux draps poissés de sel
Et qui me forcent à rêver encore
Toujours plus fort
Jusqu’au bord
Des précipices
Où le vertige
M’oblige
A déployer mes ailes
Et à vivre ...

Vivre ...

Et libérer la force qui me pousse et m'entraine
Je ne dois pas lui résister
Les distances ne sont rien
Que la mesure de ma folie
Explosive , ardente
Je m'expose , je maraude
Je briserai les chaines
J'arracherai l'incertitude
Je balancerai le vieux
Le lourd , l'inutile
J'ouvrirai mes bras sur le nouveau, le terrible
Au risque de me détruire
J'apprehende le pire
je guette , je desire
Le mouvement
Apres l'inertie
De ma catalepsie
Balayée par les vents du sahel
Ma route sera souple et belle.
Car je la veux ainsi

C'est décidé
Je pars

Il dit:
"Je te donnerai mon amour!
Tout ce qui est possible ..."

Tout ce que tu réclames :

"La bouffée d'air pour ton âme"




60920.jpg


( "Ses mots à lui" ) extrait

Lilith
Par Lilith - Publié dans : Poèmes
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Dimanche 16 septembre 2007 7 16 /09 /Sep /2007 21:14

Il pleut beaucoup ces derniers temps
Il pleut beaucoup et ça m’arrange
J’explore un univers flottant
Je me nourri de ce mélange
De tiédeur et d’humidité
J’embrasse toutes mes défaites
A l’abri
De mon nid
J’inspecte les pauvres conquêtes
De mon humble inutilité


Propice à la mélancolie
La pluie honore ma paresse
Ma vie se dénoue dans l’ennui
Comme elle brillait dans son ivresse
Au temps des grandes illusions
Mais aujourd’hui il est trop tard
Le désir
L’avenir
Se sont défaits de tous leurs fards
Mettant à nu la dérision


Comme si le temps se brisait
Entre le sommet et l’abîme
C’est dans cette  faille que j’ai
Trouver le passage à l’intime
De mon histoire inachevée,
Privée de ses palpitations
Brusquement
Me laissant
Dans les délices et les poisons
Insidieux de la vacuité


Douce et lourde mélancolie
Où je côtoie enfin mon âme
Me dévore sans alibis
Et mon ego qui se pavane
Dans ce décors voluptueux
Fleur singulière et narcissique
S’épanouit
Se nourrit
De mes délires poétiques
Et d’un marasme mélodieux


Il pleut beaucoup et ça m’arrange
La tristesse ne me sied guère
Mes larmes sont celles d’un ange
Privé de ses ailes naguère
Son ombre flotte autour de moi
Comme un parfum connu, lointain
Un passé
Oublié
Le souvenir d’un lourd chagrin
L'orage qui n’éclate pas


Ne pleure pas petite fille
Je pense à toi bien trop souvent
Mes mots retissent fil à fil
Ta virginité, ton talent
Tout ce qui t’a été volé
Au nom de la triste raison
Vouée au monde sans amour
Et grandir !
Découvrir
En te réveillant un beau jour
Que tout ça ne tourne pas rond


Dans le secret de ma retraite
Je tente de te rassurer
Dans mon corps de femme peut être
Trouveras tu l'arme sacrée
Nécessaire à ta délivrance...
Cendrillon disperse les restes
De tes cendres
Et demande
A la sorcière ou à l’ogresse
Les clés d’une nouvelle errance


Car de toi viendra mon salut
Je le sais par tout ce qui hurle
Dans ma gorge muette, et plus
Encore plus sèche qu’une vulve
D'aigre nonne,  privée d’amant
Je le sais par tout ce qui brille
Dans mes yeux
Amoureux
Oui je le sais petite fille
Je dois t’aimer, il est grand temps.

Lilith

(De l'enfant intérieur )
Par Lilith - Publié dans : Poèmes
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Dimanche 9 septembre 2007 7 09 /09 /Sep /2007 00:11


Je suis Eve

La première Eve
L’Eve primordiale
Je suis celle des premiers temps
Je suis celle là créée à tes côtés
Et non de ta côte Adam

Nous étions comme le reflet l’un de l’autre
Les premiers moments furent si doux …

Je suis la première Eve
L’autre ne fut que l’ombre de toi même
Car tu pris peur, homme.

Toi, tu voulais le pouvoir.
Je respirais, je contemplais, je ressentais, je m’imprégnais
Tu comptais, répertoriais …
Sans tenir compte de mes désirs.

Ta beauté Adam était si grande !
Nos étreintes effaçaient pour un temps nos différents.
Jusqu’à ce jour où tu as voulu aussi régler ces jeux là.
J’ai disparu de ta vie au crépuscule du sixième jour.

N’ouvre pas les yeux
Même brouillé par les larmes, ton regard me chavire encore
Et je voudrais trouver le courage de parler

Il y eu une seconde Eve

Tu voulais une compagne soumise
L’éternel l’a tirée de toi
Tu as enfanté ta femme
Tu seras son géniteur et son maître
Elle sera ta créature

Moi je fut maudite.

J’ai volé de mes propres ailes
Je suis entrée dans les rêves des hommes
J’ai indiqué des secrets aux filles d’Eve
Pour qu’elles puissent alléger leur joug
J’ai cherché toujours d’autres voies pour assouvir mon chagrin.

J’ai fait naître des mythes
Affreux parfois
Qui ne servaient qu’à illustrer nos différents.

Mais je suis lasse Adam
Ma haine se tarie
La malédiction prend fin
L’Eve soumise est morte
Cette blessure que tu t’es infligée a cicatrisé lentement
Et tu t’es retrouvé seul
Dans le silence de ton sommeil éternel


Notre destin était de nous retrouver


Laissons la terre à tes enfants
Ils n’ont plus besoin de toi
Ils n’ont plus besoin de moi
Nous avons fait tout le mal que nous pouvions faire
Toi, en les créant amputés à jamais d’une part de leur humanité
Moi, en tentant de réintroduire cette part occultée.


Il me revient la douceur du premier matin
Je te propose la paix et l’harmonie
Reprenons notre route à l’heure de l’éveil



hammam02-1-.jpg


J’ai ouvert les yeux et je t’ai vu
Tu me regardais
Je te regardais

 Nous étions le reflet l’un de l’autre.












"Inspiré d’une nouvelle d’Alice Yvernat"








Par Lilith - Publié dans : Lilith et moi
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Samedi 8 septembre 2007 6 08 /09 /Sep /2007 23:58
Tout peut se faire  Molly
même oublier
tout peut rentrer dans l'ordre
tout à nouveau s'aliter
tout peut aussi redevenir le désespoir
coup après coup
Tout peut faire semblant du plaisir à hurler solitaire
tout peut s'avilir jusqu'à la haine de soi
et se confondre et se méprendre et se jouer
de ses entrailles
et se moquer de ses tripes
et s'exposer pour crever au barillet du
désespoir
et tordre la nuit dans se larmes d'étoiles
et renoncer aux cavalcades à la distance
au temps
tout peut alors redevenir plus prisonnier
que la prison
plus semblable moins muable que le
désert lui même
tout peut s'assumer yeux fermés yeux crevés
l'habitude de la nuit
et cette paix Molly, c'est pas la tienne
c'est pas la nôtre
au carrefour des cinquantes Etats possibles
encore naître
encore naître
encore s'inventer
pas toi et moi
mais toi
mais moi
je ne sais ne crois rien que ce mètre
quatre vingt de
sang qui bouge
le sang c'est rouge et rouge et rouge
le sang je le sens jamais en place
je peux souffrir de lui et de ses galopades
mais j'en ris
j'en ris à en péter
j'ai haine de l'immobile
je désire
je m’éxige à mort
ma mort et la folie de tirer plus vite
que l’autre
aussi vrai
le désir de voir lever les graines semées de mon désordre
aussi vrai les nœuds du bois du ranch épelés chaque midi
aussi vrai
les troupeaux paisibles dans le coral de fer
aussi vrai
aussi rêvé
aussi inadmissible
entre les deux battants du ranch où
je vais boire
il n’y a que le vent qu’ils font dont je suis ivre
pas l’abreuvoir aux chevaux
pas le comptoir aux bagarres
pas le miroir brisé

je suis la trajectoire du sperme à six coups

mais assez
assez Molly
je sais qu’on peut placer des révolvers dans
d’autres côtes
qu’on peut rendre des yeux brillants
qu’on peut tuer de coup de foudre
qu’on peut mourir de trouille et vivre
avec la même
angoisse à couper au couteau
je sais qu’il faut tirer avant d’avoir mal
qu’on peut pas grand chose
pour les tripes de l’autre

J’ai besoin de toi
Je ne demande rien

Extrait de "Molly Furgo" JH Malineau


Par Lilith - Publié dans : Textes
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Samedi 8 septembre 2007 6 08 /09 /Sep /2007 20:00




Bel outil visionnaire
Perce l'obscurité
Dévoile les choses cachées
Taille et fend et libère
Echancre étête
Tranche le superflu
Disloque en coupant net
Ce qui semble perdu
Sculpte d'autres légendes, sentence sans pitié
Instrument du sacré

                                                 Sacrifier signifie "fabriquer du sacré"                                              
Je sacrifie, je mise
Sur d'autres échappées
Je me verticalise.

Puissance de l'arme blanche
Froide nette et franche
Objet privilégié
De sauvage protection
Phallus d'acier trempé
Fantasmes polissons


Quand la lame se dresse
Elle s'abat, elle sépare
Elle défait, elle traverse
Elle ouvre le passage
D'une vie qu'on délaisse à la mort qui répare
D'une mort d'où renaît une vie sans ambages

C'est ainsi, chaque fois
Les exils,
Les choix
La solitude glacée
Les amours en périls
Les doutes irrévélés
Face à l'inéluctable
Blotti dans son fourreau
L'amour inoxydable

De mon couteau

Lilith
Juin 2007
Par Lilith - Publié dans : Poèmes
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