Emilie danse …
Elle sait braver
Les herbes folles
De ses pieds nus
En équilibre
Elle se livre
Au vertige
Sur une gamme synthétique
Une célébration rythmique
De ses gestes arabesques
Elle provoque une ivresse
Simule un sacrifice
Comme un appel
Irrésistible
Traverse l’espace
Et se fige
Dans vos yeux sidérés
Son rire explose
Tout à coup
Comme une offense
Aux convenances
Un pied de nez au silence
Déconcerté
Dans les yeux d’Emilie
Se cache un horizon
Qu’elle convoite
Sans hâte
Un rêve qui arrime
A la douceur de son regard
La tristesse
De tous ses faux départs
Les vents de ses humeurs
Lui chavirent le coeur
Comme un navire
Trop lourd
D’une charge d’amour
Qu’elle ne peut contenir
Et quand elle sent la peur
Inonder ses yeux noirs
Dans le secret du soir
Emilie pleure
Sous la caresse de ses mains
La peau s’éveille et frissonne
Elle trouvera ce qui est bon
Pour calmer le chagrin
Ou la douleur qui gronde
Aux lois de son destin
Sans condition
Elle s’abandonne
Toujours elle pardonne
Car Emilie ne donne
Que si elle n’attend rien
Demandez lui un jour
D’où lui vient ce sourire
D’où vient cet appétit
Demandez lui le verbe
Qu’elle conjugue
A l’infini
Cachée sous sa pelisse
Trop lisse
D’une conformité truquée
Dont elle sait se parer
Pour tromper l’impatience
Moi qui l’ai tant aimée
Depuis mon sein
Jusqu’à ce jour
Et tant de jours à venir
Si vous lui demandez
Un mot, son élixir
Je suis persuadée
Qu’elle vous dira :
Dans tes yeux qui pétillent Malicieuse arrogante Je lis l’envie de vivre Vite Je lis l’angoisse du vide Du rien L’insupportable attente L’amour sans lendemain
De ta bouche cerise
Déferle un ouragan
Un déluge qui dérive
Du crachat menaçant
A la bruine
La plus câline
Ton rire comme tes larmes
Invitent au mélodrame
Tes mains longues et fines,
Subliment tes fantasmes
Sur l'écran elles dessinent
Composent les mots
De ton chaos
De ta frivolité
Légère et sans complexe
Surgit la liberté
Qui fait sourire les gens heureux
S’indigner les envieux
Rêver les nostalgiques
Tu promènes
Ta dégaine
De rebelle affichée
l’air exaspéré
Tu éradiques
Sans rémission
Toute protestation
Quelque fois je m’invite
Aux confins de ton monde
Silencieux
Livré aux yeux
De milliers d’anonymes
Effeuillant cet univers
D’enfance à découvert
Captive malgré toi
Des fièvres de la vie
Invincible et si fragile
Te regarder anime
Ce qui soupire en moi
Ma gamine
A Louise
Le blog de Louise dans la rubrique " tout est lié" : Un blog... terrible
J’ai tour à tour Comblé les vides Vidé les combles
Franchi des abîmes Brûlé des ponts Gravé dans le marbre des noms Gommé l’enfance Accaparé l’absence Lavé l’illusion Et toutes mes impostures Perdu mes repaires Colmaté les fêlures
J’ai tour à tour Aimé haï
Supplié et brisé Echafaudé des plans
Pour en causer la ruine Fortifié ma cuirasse Atrophié mes défenses Flirté avec la dépendance
Et fui
Loin de moi-même
Chercher la clémence
L’effet placebo
J’ai tour à tour
Abandonné
Dépossédé
Laissée sur le carreau
J’ai risqué ma dignité
Empoigné le destin
Livrée à l’incertain
Délivrée du mélodrame
De l’objectivité
Dans le dénuement
J’ai cru
Tout recommencer
J’ai tour à tour
hurlé D’angoisse Gagné les grâces D’anges mystérieux
Quand les géants sont entrés par la porte de service Ils ont semé la honte au coeur de
l’habitude Ils ont tiré le trait entre hier
et demain
J’ai regardé mes mains J’ai vu ma peau frémir J’ai supplié le ciel de ne pas m’oublier J’ai regardé les autres , qui refusaient de voir Et j’ai voulu ma mère, Pour pleurer…
Ses bras étaient gelés
Que vais je devenir , moi qui vieillis si mal Seule contre tout l’univers Seule dans mon tunnel de verre Noir comme une gestation Noir comme une indiscrétion Moi et mes rêves barbouillés d’arc en ciel Qui collent ma peau aux draps poissés de
sel Et qui me forcent à rêver
encore Toujours plus
fort Jusqu’au
bord Des
précipices Où le
vertige M’oblige A déployer mes ailes Et à vivre ...
Vivre ...
Et libérer la force qui me pousse et m'entraine Je ne dois pas lui résister Les distances ne sont rien Que la mesure de ma folie Explosive , ardente Je m'expose , je maraude Je briserai les chaines J'arracherai l'incertitude Je balancerai le vieux Le lourd , l'inutile J'ouvrirai mes bras sur le nouveau, le
terrible Au risque de me
détruire J'apprehende le
pire je guette , je
desire Le
mouvement Apres
l'inertie De ma
catalepsie Balayée par les vents du
sahel Ma route sera souple et
belle. Car je la veux
ainsi
C'est décidé Je pars
Il dit: "Je te donnerai mon amour! Tout ce qui est possible ..."
Il pleut beaucoup ces derniers temps
Il pleut beaucoup et ça m’arrange
J’explore un univers flottant
Je me nourri de ce mélange
De tiédeur et d’humidité
J’embrasse toutes mes défaites
A l’abri
De mon nid
J’inspecte les pauvres conquêtes
De mon humble inutilité
Propice à la mélancolie
La pluie honore ma paresse
Ma vie se dénoue dans l’ennui
Comme elle brillait dans son ivresse
Au temps des grandes illusions
Mais aujourd’hui il est trop tard
Le désir
L’avenir
Se sont défaits de tous leurs fards
Mettant à nu la dérision
Comme si le temps se brisait
Entre le sommet et l’abîme
C’est dans cette faille que j’ai
Trouver le passage à l’intime
De mon histoire inachevée,
Privée de ses palpitations
Brusquement
Me laissant
Dans les délices et les poisons
Insidieux de la vacuité
Douce et lourde mélancolie
Où je côtoie enfin mon âme
Me dévore sans alibis
Et mon ego qui se pavane
Dans ce décors voluptueux
Fleur singulière et narcissique
S’épanouit
Se nourrit
De mes délires poétiques
Et d’un marasme mélodieux
Il pleut beaucoup et ça m’arrange
La tristesse ne me sied guère
Mes larmes sont celles d’un ange
Privé de ses ailes naguère
Son ombre flotte autour de moi
Comme un parfum connu, lointain
Un passé
Oublié
Le souvenir d’un lourd chagrin
L'orage qui n’éclate pas
Ne pleure pas petite fille
Je pense à toi bien trop souvent
Mes mots retissent fil à fil
Ta virginité, ton talent
Tout ce qui t’a été volé
Au nom de la triste raison
Vouée au monde sans amour
Et grandir !
Découvrir
En te réveillant un beau jour
Que tout ça ne tourne pas rond
Dans le secret de ma retraite
Je tente de te rassurer
Dans mon corps de femme peut être
Trouveras tu l'arme sacrée
Nécessaire à ta délivrance...
Cendrillon disperse les restes
De tes cendres
Et demande
A la sorcière ou à l’ogresse
Les clés d’une nouvelle errance
Car de toi viendra mon salut
Je le sais par tout ce qui hurle
Dans ma gorge muette, et plus
Encore plus sèche qu’une vulve
D'aigre nonne, privée d’amant
Je le sais par tout ce qui brille
Dans mes yeux
Amoureux
Oui je le sais petite fille
Je dois t’aimer, il est grand temps.
La première Eve
L’Eve primordiale
Je suis celle des premiers temps
Je suis celle là créée à tes côtés
Et non de ta côte Adam
Nous étions comme le reflet l’un de l’autre
Les premiers moments furent si doux …
Je suis la première Eve
L’autre ne fut que l’ombre de toi même
Car tu pris peur, homme.
Toi, tu voulais le pouvoir.
Je respirais, je contemplais, je ressentais, je m’imprégnais
Tu comptais, répertoriais …
Sans tenir compte de mes désirs.
Ta beauté Adam était si grande !
Nos étreintes effaçaient pour un temps nos différents.
Jusqu’à ce jour où tu as voulu aussi régler ces jeux là.
J’ai disparu de ta vie au crépuscule du sixième jour.
N’ouvre pas les yeux
Même brouillé par les larmes, ton regard me chavire encore
Et je voudrais trouver le courage de parler
Il y eu une seconde Eve
Tu voulais une compagne soumise
L’éternel l’a tirée de toi
Tu as enfanté ta femme
Tu seras son géniteur et son maître
Elle sera ta créature
Moi je fut maudite.
J’ai volé de mes propres ailes
Je suis entrée dans les rêves des hommes
J’ai indiqué des secrets aux filles d’Eve
Pour qu’elles puissent alléger leur joug
J’ai cherché toujours d’autres voies pour assouvir mon chagrin.
J’ai fait naître des mythes
Affreux parfois
Qui ne servaient qu’à illustrer nos différents.
Mais je suis lasse Adam
Ma haine se tarie
La malédiction prend fin
L’Eve soumise est morte
Cette blessure que tu t’es infligée a cicatrisé lentement
Et tu t’es retrouvé seul
Dans le silence de ton sommeil éternel
Notre destin était de nous retrouver
Laissons la terre à tes enfants
Ils n’ont plus besoin de toi
Ils n’ont plus besoin de moi
Nous avons fait tout le mal que nous pouvions faire
Toi, en les créant amputés à jamais d’une part de leur humanité
Moi, en tentant de réintroduire cette part occultée.
Il me revient la douceur du premier matin
Je te propose la paix et l’harmonie
Reprenons notre route à l’heure de l’éveil
J’ai ouvert les yeux et je t’ai vu
Tu me regardais
Je te regardais
Tout peut se
faire Molly
même oublier
tout peut rentrer dans l'ordre
tout à nouveau s'aliter
tout peut aussi redevenir le désespoir
coup après coup
Tout peut faire semblant du plaisir à hurler solitaire
tout peut s'avilir jusqu'à la haine de soi
et se confondre et se méprendre et se jouer
de ses entrailles
et se moquer de ses tripes
et s'exposer pour crever au barillet du
désespoir
et tordre la nuit dans se larmes d'étoiles
et renoncer aux cavalcades à la distance
au temps
tout peut alors redevenir plus prisonnier
que la prison
plus semblable moins muable que le
désert lui même
tout peut s'assumer yeux fermés yeux crevés
l'habitude de la nuit
et cette paix Molly, c'est pas la tienne
c'est pas la nôtre
au carrefour des cinquantes Etats possibles
encore naître
encore naître
encore s'inventer
pas toi et moi
mais toi
mais moi
je ne sais ne crois rien que ce mètre
quatre vingt de
sang qui bouge
le sang c'est rouge et rouge et rouge
le sang je le sens jamais en place
je peux souffrir de lui et de ses galopades
mais j'en ris
j'en ris à en péter
j'ai haine de l'immobile
je désire
je m’éxige à mort
ma mort et la folie de tirer plus vite
que l’autre
aussi vrai
le désir de voir lever les graines semées de mon désordre
aussi vrai les nœuds du bois du ranch épelés chaque midi
aussi vrai
les troupeaux paisibles dans le coral de fer
aussi vrai
aussi rêvé
aussi inadmissible
entre les deux battants du ranch où
je vais boire
il n’y a que le vent qu’ils font dont je suis ivre
pas l’abreuvoir aux chevaux
pas le comptoir aux bagarres
pas le miroir brisé
je suis la trajectoire du sperme à six coups
mais assez
assez Molly
je sais qu’on peut placer des révolvers dans
d’autres côtes
qu’on peut rendre des yeux brillants
qu’on peut tuer de coup de foudre
qu’on peut mourir de trouille et vivre
avec la même
angoisse à couper au couteau
je sais qu’il faut tirer avant d’avoir mal
qu’on peut pas grand chose
pour les tripes de l’autre
Bel outil visionnaire Perce l'obscurité Dévoile les choses cachées Taille et fend et libère Echancre étête Tranche le superflu Disloque en coupant
net Ce qui semble perdu Sculpte
d'autres légendes, sentence sans pitié
Instrument du sacré
Sacrifier signifie "fabriquer du
sacré" Je sacrifie, je mise Sur d'autres
échappées Je me verticalise. Puissance de l'arme blanche Froide nette et franche Objet privilégié De sauvage protection Phallus d'acier
trempé Fantasmes polissons Quand la lame se dresse Elle s'abat, elle sépare Elle défait, elle traverse Elle ouvre le passage D'une vie qu'on délaisse à
la mort qui répare D'une mort d'où renaît une vie sans ambages C'est ainsi, chaque fois Les exils, Les choix La solitude glacée Les amours en périls Les doutes irrévélés Face à
l'inéluctable Blotti dans son fourreau L'amour inoxydable De mon couteau Lilith Juin 2007
Derniers Commentaires