Lundi 15 mars 2010
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Emilie danse …
Elle sait braver
Les herbes folles
De ses pieds nus
En équilibre
Elle se livre
Au vertige
Sur une gamme synthétique
Une célébration rythmique
De ses gestes arabesques
Elle provoque une ivresse
Simule un sacrifice
Comme un appel
Irrésistible
Traverse l’espace
Et se fige
Dans vos yeux sidérés
Son rire explose
Tout à coup
Comme une offense
Aux convenances
Un pied de nez au silence
Déconcerté
Dans les yeux d’Emilie
Se cache un horizon
Qu’elle convoite
Sans hâte
Un rêve qui arrime
A la douceur de son regard
La tristesse
De tous ses faux départs
Les vents de ses humeurs
Lui chavirent le coeur
Comme un navire
Trop lourd
D’une charge d’amour
Qu’elle ne peut contenir
Et quand elle sent la peur
Inonder ses yeux noirs
Dans le secret du soir
Emilie pleure
Sous la caresse de ses mains
La peau s’éveille et frissonne
Elle trouvera ce qui est bon
Pour calmer le chagrin
Ou la douleur qui gronde
Aux lois de son destin
Sans condition
Elle s’abandonne
Toujours elle pardonne
Car Emilie ne donne
Que si elle n’attend rien
Demandez lui un jour
D’où lui vient ce sourire
D’où vient cet appétit
Demandez lui le verbe
Qu’elle conjugue
A l’infini
Cachée sous sa pelisse
Trop lisse
D’une conformité truquée
Dont elle sait se parer
Pour tromper l’impatience
Moi qui l’ai tant aimée
Depuis mon sein
Jusqu’à ce jour
Et tant de jours à venir
Si vous lui demandez
Un mot, son élixir
Je suis persuadée
Qu’elle vous dira :
" Partir "
A Emilie
Lilith
Par Lilith
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3
Vendredi 29 janvier 2010
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14:25
Les plaies superficielles
ne craignent ni le sel de tes larmes ,
ni les fièvres aigues du soleil des grands jours .
Mais quand la blessure est profonde ,
tu ne pleures plus
Ta bouche est close .
Plus rien ne doit troubler les voix
de la douleur qui gronde
sourde au monde.
et tu tombes
dans la boue tiède et dense
des solitudes qui ferment leurs issues
aux regards intrusifs
Lilith
Je n’ai plus le goût du partage,
j’enfonce mes ongles dans mes cicatrices
à en faire péter les jointures
Quelques mots de "Lacenaire" Artcancre
Par Lilith
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Jeudi 31 décembre 2009
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17:23
Plus je veux être moi
plus j'ai le sentiment d'un vide
Plus je m'exprime
plus je me taris
Plus je me cours aprés
plus je suis fatiguée
"L'insurrection qui vient "
Comité invisible éditions " La Fabrique"
photo Jean Marie Francius
Par Lilith
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6
Lundi 9 novembre 2009
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13:12
La plupart du temps
elle vit en dessous
A la surface
le visage de l'ange se paralyse
lui glace le sang
l'effort l'épuise
De quoi a t'elle faim ?
En survivance d'instants
en instance d'un divorce entre la vie de l'ombre
et la folie du nombre
des éblouis, stupéfiés
elle hésite …
Elle doit s'adapter
Le regard acéré, percer la chair
Au vol saisir l'instant
où la beauté ouvre une bréche
dans les yeux du passant égaré
Vampire aux aboies
se nourrir de la proie contaminée d'amour
éclabousser la grotte
et dormir
jusqu'au retour prochain
de l'enfer du jour
qui brûle, écorche, dénude les os
Elle caresse les restes du festin
s'ennivre des effluves
expire un opéra
une ode au désarroi
avant que la mémoire ne jette
aux oubliettes
ses amours qui se veulent éternels
privés de nourritures
gavés d'ordures
Ses flancs sont chauds
en dessous
Ils gardent la température
des entrailles de la terre
A ciel ouvert
ils se figent
la gènent aux entournures
l'obligent à la posture
aveugle
Dans l'obscur de la mine
ses seins tendus voient
sa vulve chante
l'oscène domine
Là au centre de son ventre
où se cache l'or
Beauté divine
L'amant l'innonde
Phallus tellurique
encense la crypte
Elle sortira demain
Lilith
Par Lilith
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Dimanche 25 octobre 2009
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15:07
... je ne me suis pas suicidée
parce que je préfère voir la pourriture
méticuleusement s'immiscer en moi
rogner, ronger une à une mes fibres,
lentement, délicatement, déliter la chair belle
et que je croyais libre des années sans âge
Je ne me suis pas suicidée
parce qu'il y a encore sûrement quelques jours,
quelques heures des saisons
sur des routes que ne n'ai pas croisées
où souffle un vent d'amour qu'il faudra prendre
Je ne me suis pas suicidée
parce que j'emmerde le réel
Je ne me suis pas suicidée
parce que j'ai peur
Je ne me suis pas suicidée
parce que je suis modeste
Je ne me suis pas suicidée
parce que je crois autre chose,
quand je regarde
Je ne me suis pas suicidée
parce que je suis orgueilleuse
Je ne me suis pas suicidée
parce que j'entretiens des rapports conflictuels
avec l'absolu
Je ne me suis pas suicidée
parce que je crois en la vertu rédemptrice
de l'oeuvre d'art
Je ne me suis pas suicidée
parce que j'aurai pu me tuer !
Des tas de fois
Extrait de "Pages arrachées" à "La Chair"
de Serge Rivron
Par Lilith
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Samedi 24 octobre 2009
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16:51
Avec lui
Mes idées noires
enchevêtrées comme une vigne
grandissaient , fleurissaient
en bouquets rouge sang
mes lèvres et ma chair frémissaient
A croire en nos âmes comme_une
j'en ai gardé le goût
l'inspiration féconde...
Captifs d'un cadre flou ,
des mots débraillés-pointillés-d'amertume
A croire que mon âme jalouse
de ma chair enflammée
dans le miroir flouté
baisait l'ombre d'un ange,
je m'en serai briser les hanches
tendue vers l'intangible
l'inaccessible bréche
Lilith
au sexe s'ouvrant
sur le milieu du front
de toi me viendrai ce miracle
quand mes rêves les plus secrets
libérés de leurs chaines
captivent ma prison .
Avec lui
c'était l'exode incantatoire
c'était l'effroi apprivoisé
Impitoyable, la raison me rappelle
au puit silencieux de ses yeux immobiles,
la présence imposante de l'absence
au poid du vide,
« l'abominable abdominal »
au tourment du désir.
Qu'advient il de nous
quand plus rien ne s'allume ?
Quand la raison s'affole
s'agrippe et s'écorche aux émois passagers
Cherchant l'autre manière d'aimer
un peu !
Il est trop tard pour me faire une beauté.
Dans mon miroir d'orgueil , c'est la nuit,
le recours au subtil et langoureux silence
extasié.
Les âmes-passe-muraille
se cherchent
se trouvent
se bousculent
et se perdent
l'une comme lui
dans l'espace clos
toute lumière éteinte
amaurose étreinte
A l'infini
Lilith
Par Lilith
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Vendredi 25 septembre 2009
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/2009
21:13
C'est lorsque je me défigure
que je vois toute la violence,
la vérité de ma nature
Derrière mon masque de peau-cuir
Crispé sous la torture
se déchaîne en silence
un sinistre roman
Prison de chair à faire vomir
le plus fervent des espérants
c'est là que tu reposes
mon Bel amour
vaincu par la nécrose
Toi qui oses
encore me réveiller la nuit
en exaltant la vie
L'histoire
à m'émouvoir
l'histoire
à me faire croire
Que tout n'est pas encore fini
Lilith
Photo http://ivcolt.blogspot.com/
Par Lilith
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Mardi 18 août 2009
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19:11
Ma couche est cousue de feuillets griffonés
débraillée comme un livre offert
Oublié sous terre
Là où s'est posée l'énigme
Là où tu m'as dispersée
Je veille sur l'agonie du prédateur
instigateur des solutions factices
Je suis sa proie et sa complice
J'ai voulu me solder à la foule
me perdre dans les yeux des passants
chercher l'amour initiatique
La solution romantique
de l'exil
s'est imposée comme un verdict:
Jeter les armes et disparaître
Mourir , enfin
Comme une larme de sang
Sur l'innocence de ta bouche entrebâillée
Mourir à moi
Sans fin .................
Lilith
Par Lilith
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Lundi 3 août 2009
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13:01
"Allez, nettoie moi tout ça
Tu ne vois pas que tu fais peur?
Remonte ces murs
Coupe ces herbes folles
Ecris ton nom sur cette boîte aux lettres
Ton jardin est devenu inhabitable"
Je vois bien où tu veux en venir...
Laisser faire ou dominer .
Forêt vierge de mes sensations
Je ne veux plus y tracer de chemins rectilignes
Je n'y passerai plus la tondeuse
et lorsque tu m'auras mise à nu
sous tes doigts jaillira
une séve rouge et poisseuse
Lilith
Photo Jefl
Par Lilith
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Lundi 20 juillet 2009
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/2009
11:53
Je fuis comme je peux
entre le fictif et le réel
Ne pas trahir
Mais ,
seule ,
aimer passionnément
le passager de mes chimères
plus disponible qu'un vivant !
Lilith
Par Lilith
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