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  • Je rêve d'un confesseur idéal, à qui tout dire, tout avouer, je rêve d'un saint blasé. (Cioran)

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Mercredi 27 avril 2011 3 27 /04 /Avr /2011 18:14

 

 

L’homme est là 
Derrière moi 
Discret et silencieux 


Frederique.jpg

Je le devine comme une ombre 
Un souffle une intuition 
Mais je n’ai pas peur, 
Aucune appréhension 


Figée 

Les mains posées sur le rebord du lavabo 
Je sens son regard caresser mon dos 
encore humide, 
Un regard douloureux 
Comme un adieu nécessaire 
D’une tendresse ultime
 

Qu’ai-je fait ! 

Femme outragée 
Animus blessé 
Pendant combien de temps ai-je cautionné ce massacre ? 
Enduré ce simulacre 
De mon identité sublime 
Au fond  
 

Toi qui ne voulais pas mourir 
Qui survivais dans ce carcan 
Défigurant le souvenir 
De mes rêves d’enfant 
Prince charmant 
Prisonnier des chaînes de ma survivance 
Toi mon alter ego 
Victime des blessures de mes premiers balbutiements 
Constat navrant et sans appel 
A l’automne de mes jours 
Je ramasse à la pelle 
Les vestiges d’une défloraison 
Mes amours assassinés
J’entends mon sang qui cogne
 
Dans ma tête et dans ma gorge 
Comme une horloge
Un tic tac en écho
Ton reflet éthéré
Aux contours incertains
Sur le miroir sans tain
Me laisse entrevoir
Un espoir
 
De retrouver enfin 
Tout ce que j’ai perdu
De prétentions insaisissables
 
Avec l’ennui pour seule victoire. 


J’ai tressailli  quand il s’est pressé contre moi
Ses mains refermées sur mes seins
Fermement
Mais tendrement
La rigide délicatesse
De son sexe
Sur mes fesses
Me surprend

 

Un peu crispée j’ai  demandé
«  Qu’est ce que tu fais ? »
Doucement il a murmuré:

 
"Je prends des forces, avant de m’en aller !"

Lilith
2007
Photo Frédérique
Par Lilith - Publié dans : Poèmes
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Jeudi 31 mars 2011 4 31 /03 /Mars /2011 15:09

 

 

 

 

Thibault Felez

Thibault Felez

 

 

Essaie de ne pas t’angoisser.

Oublie la nicotine.

Oublie les membres qui tremblent.

oublie ton continent,

le réchauffement climatique,

le chômage de masse.


Ecris.


Ne criminalise pas tes sentiments,

le brouillon de tes sentiments,

les mauvais choix,

les bons choix.

 

Relis des trucs de gauche.

Recommence à rêver de tout péter.

Tu n’y arriveras pas.

 

Enfile ta veste noire.

Oublie tout.

Répète-toi cette fois,

une ultime fois

que tu vas jouir de la rythmique de l’immobile,

l’instant figé,

statique,

en roue libre.


Ecris.


Oublie les échecs.

Tu as bien profité.

Maintenant il faut morfler

 

 

Andy Vérol : Rythmique de l'immobile



Par Lilith - Publié dans : Textes
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Dimanche 23 janvier 2011 7 23 /01 /Jan /2011 15:03

 

 

Qui n'éprouve pas le désir

d'accorder son violon

à la vibration de son coeur ?

 

 

 

 

Cabioch.jpg

 

(photo Cabioch)

Par Lilith - Publié dans : En vrac
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Vendredi 26 novembre 2010 5 26 /11 /Nov /2010 20:11

 

Chaleur dans la gorge

comme si elle n'avait pas sa place à battre.

sensation de constriction,

bande ou courroie

une chaîne ou une main ou une griffe de fer,

prise au piège par des fils de plus en plus tordus,

tordus et resserrés.

du sang,

des flots de sang comme des flèches

ou des éclairs en zigzag

 

Pleure et ne sait pas que...

que la consolation aggrave.

 

organes

bouche

gorge

poitrine

coeur

ventre

vagin

 

des efforts des émotions

va et vient avec le soleil la nuit

le bruit et la lumière,

la chaleur

la pression due au bruit

pour le pire

pour une parole

Vision floue

obscurcie 

vue dans le lointain.

 

autopsie du chagrin

 

Lilith

 

 

Alain-Parizet2.jpg

 

 photo Alain Parizet

Par Lilith - Publié dans : Textes
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Vendredi 5 novembre 2010 5 05 /11 /Nov /2010 19:27

Amour silencieux

Sans partage

Patient voyeur

Emotion sans ordres

ni désordre

 

C'est tout ce qu'il reste .


 

 

Antoine-d-Agata.jpg Antoine d'Agata

 


Par Lilith - Publié dans : En vrac
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Vendredi 18 juin 2010 5 18 /06 /Juin /2010 15:01

 

 

Je ne suis pas ta fille

mais une âme égarée

amnésique

échappée de l'obsession tragique

d'un dieu perfide et fou

miné par l'ennui

Je suis un ange captif

criblé de nerfs, noyé de sang

détourné du néant.

 

 

Je ne suis pas ta soeur

Mon sang n'a plus sa formule initiale

ma terre a tremblé tant de fois ,

qu'elle en a perdu les empreintes

Crachée du ventre commun

Je suis - l'autre -

 

 

Je ne suis pas ta femme

mais un corps à vendre 

une chair à surprendre

un domaine assujetti , fertile et jouissif

en cadavre animé

Je suis l'ombre des hommes

 

 

Je ne suis pas ta mère

Je fais partie du grand complot

vocation programmée , aliénée

promise à l'abandon

Je suis l'écho de l'amour

silence et douleur

 

 

Je ne suis pas ton amie

tu n'es jamais là quand je pleure

Je ne suis pas ton ennemie

tu ne me fais pas assez peur

 

 

Je suis le son d'une voix

Les mots d'un désarroi

Un mouvement dans l'air

Une onde dans l'univers

Je suis la proie des flammes de la conscience

 

 

J'aurai voulu être ta fille, ta femme , ta mère et ton amie

 

 

Mais

Je ne suis qu'un ange captif

L'autre

L'ombre des hommes

Un écho de l'amour

 

 

Le désordre et la fuite

 

 

Je suis Lilith

 

 

Anna-C2.jpg

 

Anna C

Par Lilith - Publié dans : Lilith et moi
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Mardi 1 juin 2010 2 01 /06 /Juin /2010 11:58

 

J’écris pour donner corps au temps

Qui m’assassine jour et nuit

J’écris contre l’oubli

Parfois même je mens

J’écris pour briser le silence

De la mélancolie

Repeupler le vide et l’absence

Suspendus

Au dessus

De ma mémoire endolorie

 

J’écris pour extirper de moi

Tout ce qui raisonne et foisonne

Je n’écris pour personne

Ou peut être pour toi

J’écris peut être aussi pour lui

Je dépose une empreinte

Un témoignage indéfini

Une prose

Qui s’expose

Sans retenue et sans contrainte

 

J’écris pour alourdir mes rêves

Jeter l’encre sur une page

Ma vie comme un naufrage

Echouée sur la grève

Et partager mes illusions

Avec le vent, la mer

Le ciel et l’horizon

Et pleurer

L’eau salée

Qui refleurira mon désert

 

 

J’écris pour caresser mon âme

Lui donner les mots qui l’animent

Les sons qui l’illuminent

L’amour qu’elle réclame

Quand viendra le grand jugement

Qu’il reste la mémoire

De mon acharnement

Et je signe

Sous les lignes

De mon incorrigible espoir

 

Lilith

 

 

Anna-C.jpg

 

Anna C

Par Lilith - Publié dans : Poèmes
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Lundi 22 mars 2010 1 22 /03 /Mars /2010 15:10

 

Un jour j'ai vu de mes yeux vu

la véritable couleur de mon sang

 

Je l'ai vu de mes yeux vu

dans un brouillard confus

le chien gardien de ma mémoire

J'ai vu dans son regard

presque doux, rassurant

une foule d'enfants agitant des miroirs .

 

Et puis j'ai vu ses crocs luisants souillés de sang

mon sang

Mais où est la blessure?

qu'est ce que j'attend ?

 

Le temps

Le sang

 

Le chien léche le sang mais pas la plaie

Elle est ou la plaie ?

Je ne vois rien

Je ne sens rien

Je n'ai pas mal

Si je voyais la plaie

peut être que j'aurai mal !

 

Je ne sais pas ce que je fais là

Quelqu'un m'a dit d'attendre

Alors j'attend

Mais ce sang, bon sang

c'est ma vie !

Je perd mon sang ?

je perd ma vie ?

je perd mon temps ...

 

Le chien me nargue

du coin de l'oeil il me regarde

 

Je me regarde aussi ,

partout

mes mains,

mes seins

mon ventre,

mes cuisses

Je touche

ma bouche

mes yeux

Je sens

mon sang , dedans

mon coeur

 

C'est bon

C'est chaud

 

J'en oublie le gardien

J'entend des sons lointains

une fanfare, un tintamarre

qui enfle

 

J'entend le vent

 

J'ai un peu peur quand même

J'avance à tâtons

Derrière mes paupières je discerne

des ombres

un désert connu

Je n'ai jamais vraiment visité ma prison

J'en ignore les contours

car ils restent intangibles

 

Mais ce fin ruban rouge

rouge sang

que rien ne semble retenir …

 

Je vais mourir ?

là ?

Avant d'avoir compris

où je suis

Avant d'avoir localiser le mal

cautériser la plaie ?

 

Le chien semble dormir

Il sait bien que jamais je n'oserai franchir le vide

il y a si longtemps que je suis là

et la fuite est si rare!

 

Oui mais voilà : j'ai vu

J'ai vu le sang traverser les mirages

Otage du temps

la vie-naufrage ment.

 

 

Quelque chose a changé

 

J'ai vu de mes yeux vu

des cadavres tendus vers un soleil factice

fixer le rien

et c'est un choc

sans précédent

 

C'est l'instinct qui surgit

Le sang qui jaillit

 

J'ai vu ma vie sans moi

 

Je suis la trace de sang

je suis le vent

je suis le temps sans repère

solitaire

j'écris mon nom

je m'invente un pays

un univers sans lois

j'oublie

j'oublie

 

Je respire

Je conspire

Je me détache doucement

et l'illusion chancelle

 

“Ne te retourne pas

il n'y a de barrières

ni devant ni derrière

L' histoire est insensée

C'est un rêve assasiné

qui dégouline

sur une affiche publicitaire

mensongère

couvrant les murs en ruines

de ta pensée codée”

 

Tout est là

dans mes bras

Je suis pleine et pourtant

c'est le vide que je sens

tout autour

J'entend mon nom derrière la porte

des ordres suintent encore

 

Il faut que je sorte

 

Je suis le vent

le désordre

l'anarchie

 

Je m'accorde

la vie

 

Mon enfant

Mon sang

 

Serions nous libres ?

 

Lilith

 

 

AnnaC3.jpg

 

Image : Anna C

Par Lilith - Publié dans : Textes
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Lundi 15 mars 2010 1 15 /03 /Mars /2010 01:59

Emouvante félure

qui nous laisse entrevoir

le féminin des hommes


Puissante emmersion du viril

qui souffle au coeur des femmes

l'irrésistible folie d'aimer


Altérité



Il ne devait pas y avoir de guerre!


Tant de mirages alignés

devant derrière

sans jamais fusionner


Tant de combats pour si peu d'amour


Adieu mes rêves

Mon éthique est restée vaine


Je m'en irai goûter la chair de l'ange à la pâleur nacrée

Etouffer ma colère

sous ses ailes froissées


L'amour est mort


 

 

  A force de riposte et contrecoups

le corps s'est tu


Noircies d'encre et d'ennui

mes mains suffiront

à palper l'éloquence

là où tous nos conflits s'évaporent

unis dans l'illusion

encore et encore


Et sur l'hôtel des privations

célébrer l'ultime espoir sous jacent qui lutte

au risque de se méprendre

et se jouer de ses entrailles

dans l'habitude de la nuit,

notre erreur confondue

à nos accords perdus.

 

Lilith

 

 

Vlados.jpg

 

Par Lilith - Publié dans : Lilith et moi
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Lundi 15 mars 2010 1 15 /03 /Mars /2010 01:29
Emilie danse …
Elle sait braver
Les herbes folles
De ses pieds nus
En équilibre
Elle se livre
Au vertige
Sur une  gamme synthétique
Une célébration rythmique
De ses gestes arabesques
Elle provoque une ivresse
Simule un sacrifice
 
Comme un appel
Irrésistible
Traverse l’espace
Et se fige
Dans vos yeux sidérés
Son rire explose
Tout à coup
Comme une offense
Aux convenances
Un pied de nez au silence
Déconcerté

Dans les yeux d’Emilie
Se cache un horizon
Qu’elle convoite
Sans hâte
Un rêve qui arrime
A la douceur de son regard
La tristesse
De tous ses faux départs

Les vents de ses humeurs
Lui chavirent le coeur
Comme un navire
Trop lourd
D’une charge d’amour
Qu’elle ne peut contenir
Et quand elle sent la peur
Inonder ses yeux noirs
Dans le secret du soir
Emilie pleure 

Sous la caresse de ses mains
La peau s’éveille et frissonne
Elle trouvera ce qui est bon
Pour calmer le chagrin
Ou la douleur qui gronde
Aux lois de son destin
Sans condition
Elle s’abandonne
Toujours elle pardonne
Car Emilie ne donne
Que si elle n’attend rien

Demandez lui un jour
D’où lui vient ce sourire
D’où  vient cet appétit
Demandez lui le verbe
Qu’elle conjugue
A l’infini
Cachée sous sa pelisse
Trop lisse
D’une conformité truquée
Dont elle sait se parer
Pour tromper l’impatience
Moi qui l’ai tant aimée
Depuis mon sein
Jusqu’à ce jour
Et tant de jours à venir
Si vous lui demandez
Un mot, son élixir
Je suis persuadée
Qu’elle vous dira :

" Partir "

 
A Emilie

Lilith

 

Emilie-3.jpg

Par Lilith - Publié dans : Poèmes
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